Conseils pour votre restauration

QUI ETES-VOUS ?

Vous venez d'hériter d'une maison, ou d'en acheter une, ou vous vous préparez à le faire. Il s'agit de maisons anciennes: ferme, presbytère, maison bourgeoise...Dans tous les cas, vous souhaitez restaurer cette demeure selon vos envies, mais aussi dans l’esprit de la tradition, une restauration à l’ancienne, la plus simple possible

Vous avez un budget de travaux suffisamment large selon vous - c'est à vérifier - mais vous êtes décidé à investir vos disponibilités très lucidement, sans flanquer l'argent par les fenêtres, en contrôlant de près vous-même les travaux, sans vous en laisser conter par certains corps de métiers.

Je puis vous conseiller pour la restauration d’une maison située dans I'Orne, la Sarthe, la Mayenne jusqu'à 60 kms de Mortagne au Perche.

 

QUELLE EST MA PHILOSOPHIE ?

Je défends un esprit, des principes, une certaine idée de la restauration traditionnelle. Je ne cherche pas à tout prix des clients en acceptant de donner des conseils dans le cadre d'un projet de restauration qui irait à l’encontre de cet esprit. Je suis, le mieux possible, à l'écoute de mes clients, de leurs désirs, de leurs besoins, de leurs projets, mais je n'hésite pas à donner mon avis - s'il le faut avec vigueur - sur ce qui parait souhaitable et non souhaitable, possible et pas possible.

Il me parait nécessaire de traiter la Demeure dans sa totalité: de la cave au grenier, l’intérieur comme I’extérieur, tout cela dans un esprit d'homogénéité, sans rien inventer gratuitement, sans ajouts intempestifs. Recréer s'il le faut, bien sûr, mais pas n'importe comment. Pour recréer un jardin, par exemple, retrouver les anciens tracés, sinon les imaginer, à partir de documents anciens.

Ne pas chercher à reconstituer artificiellement l'état d'origine d'une maison. L'une a pu être édifiée au XVIème ; depuis lors, bien des choses ont été modifiées et, à coup sur, les fenêtres en particulier: ne vouloir remettre des meneaux partout ! Cela pourrait se défendre pour une ferme fortifiée du XVème d'un intérêt architectural exceptionnel… Mais de toute façon, l‘Architecte des Bâtiments de France passera par là. Il s'agit donc bien de restaurer la demeure dans son dernier état ancien qui ait une signification historique.

Enfin, pour reprendre le célèbre slogan de « Maisons Paysannes de France » : En faire Ie moins possible. L'exemple le plus classique est celui des murs extérieurs de la maison dont l'enduit est abîmé ou a disparu par places : au lieu de tout gratter et de passer un enduit neuf sur l'ensemble, faire des plages de raccords. Même chose pour certaines huisseries anciennes que l'on peut réparer en leur donnant une seconde jeunesse, sans mettre en œuvre la grosse artillerie de menuiserie.

 

QUELLE EST LA METHODE DE TRAVAIL ?

Contactez-moi par courriel en me posant brièvement votre problème; Je vous répondrai immédiatement par téléphone en vous proposant un premier entretien d'une heure, chez moi, pour faire le tour rapide de la question (entretien non facturé, c'est le cadeau !) grâce aux photos que vous apporterez.

Si vous souhaitez poursuivre, je viendrai sur place voir la maison pour une matinée ou une après-midi d'échanges et de discussion autour de votre projet de restauration. Le coût : je travaille à l’heure, plus un forfait déplacement.

Je n'ai en aucun cas une position de maître d'œuvre, ni de suivi de chantier. Je ne suis pas non plus architecte du patrimoine, ni designer, ni architecte d'intérieur. Je ne veux que faire profiter mes clients de mes vingt ans d'expérience en matière de restauration, dans le minimum de temps possible : leur apprendre à faire et à faire faire, plutôt que le faire moi-même.

 

L’ÂME D’UNE MAISON

Rendre son âme à une maison ancienne est une aventure en soi. Il faut apprendre à lire, à comprendre l'architecture intente et externe, à découvrir les modifications successives, utiles ou fâcheuses. « Lire une maison »  ne s'improvise pas. Savoir la dater demande de l'expérience.

Il faut apprendre à la connaitre, faire son historique, sa « généalogie », qui en apprendra beaucoup sur son évolution. Les sources sont nombreuses (notaires, hypothèques, cadastre, archives et bibliothèques départementales et municipales, livres régionaux). Elles permettent souvent de remonter très loin.

Dresser des plans de la maison est une obligation impérieuse. En retrouver d'anciens est une chance. Cela aidera à en comprendre l’évolution. Disposer de photos anciennes de la maison est une autre chance.

Freinez-vous dans l'exécution de votre grand projet de restauration; ne cherchez pas à vous précipiter en voulant tout faire à la fois: il y a des priorités, il faut coordonner les travaux. Encore une fois, n'en faites pas trop. L'âme, ce sont les détails anciens qui restent. Attention aux maisons entièrement restaurées où il n'est pas un mètre carré qui ne soit recouvert par un enduit neuf, du plako et tous ces nouveaux matériaux très suspects pour une isolation totale ...

L'âme enfin vit aussi dans les annexes anciennes de la vieille maison (écuries, granges, étables). Dans toute la mesure du possible, ne pas les transformer en maisons d'amis. Cette remarque est valable pour les greniers mais la question est plus complexe.

 

ARTISANS ET MATÉRIAUX

S'agissant des artisans, il est entendu que le conseil  ne portera pas sur une recommandation précise de certains par rapport à d'autres. En revanche, les clients peuvent se faire une idée des choix à faire en demandant à voir leurs réalisations, en rencontrant leurs anciens clients, en recherchant ceux qui travaillent avec des ABF ou des architectes du Patrimoine, en demandant à ces artisans quels matériaux anciens ils utilisent et avec quel mode opératoire.

Concernant ces matériaux, sont-ils bien utilisés traditionnellement dans la région ? Ne s'agit-il pas (en particulier pour la chaux ) de produits récemment mis au point, prêts à l’emploi, avec des procédés d'application peu conseillés ?

Les conseils que je peux dispenser touchent un point primordial : la couleur obtenue avec des terres, des ocres, des colorants naturels dont l’utilisation en matière de restauration de bâti ancien est pratiquement obligatoire (enduits, badigeons, peintures à l’huile de lin).

Une remarque: le papier peint (réédition de motifs anciens ou réinterprétation)  redevient à la mode surtout pour les maisons bourgeoises et à tous les prix.

En principe, il est destiné à la ville et à la maison bourgeoise, mais pourquoi pas dans un presbytère 19ème ?

 

QUELS DOMAINES TOUCHE CE CONSEIL ?

Je ne peux naturellement ici être exhaustive, mais je peux citer quelques exemples particulièrement parlants où j'ai pu développer une collaboration particulièrement efficace avec mes clients :

La réfection d'un toit, notamment, peut être une opération très délicate si on ne fait pas appel au bon charpentier couvreur qui ne simplifie pas à l'extrême la pente du toit et n'en fait pas disparaître les mouvements en « vaguelettes ». La ligne de faite ne doit être raide.

La remise en place de lucarnes qui ont disparu est souvent fantaisiste, aucune proportion n'est respectée, les matériaux ont été changés par commodité. De même la création de nouvelles lucarnes pour l’aménagement d'un comble est envisageable mais neuf fois sur dix elle est ratée car elle ne tient aucun compte des lucarnes réellement d'origine que l'on peul trouver sur les maisons anciennes du voisinage. La  réfection des souches de cheminée est rarement mieux traitée.

Quant aux portes et fenêtres, quand on se croit obligé d’y mettre un double vitrage, elles sont simplifiées, les épaisseurs de bois et de petit bois, les moulures sont réduites; les ferrures et quincailleries anciennes ne sont pas conservées. Alors qu'il faut chercher un bon compromis.

Un domaine me préoccupe particulièrement: la re-création d'un jardin, surtout quand on fait appel à un paysagiste-pépiniériste. Sans discernement, on transforme vite un jardin laissé à l'abandon en le «  végétalisant » comme un espace ou un rond-point en zone urbaine, avec ces nouvelles plantes extrêmement colorées qu'on retrouve dans tous les pavillons.

Songez aux vivaces de jardin de curé, aux rosiers anciens, aux plantes de restructuration (buis, troènes, ifs, charmes)… Le jardin doit rester vivant et beau été comme hiver, ne doit pas se dépouiller de son écrin et perdre son manteau protecteur qui fixe des scènes dans des enclos de verdure.

ET SI VOUS VOULIEZ VENDRE…

Le cas inverse  peut se présenter: vous avez une maison ancienne que vous voulez vendre, dans les meilleures conditions et sans que cela traîne. Je peux vous conseiller, j’en ai l’expérience. J'ai assez vu de maisons rebutantes pour en parler. Savoir présenter son bien : rangement, propreté, détails de décoration attrayants, bonne aération. Ne pas présenter une maison vide ; les acheteurs éventuels ne pourront pas se projeter dedans.

Savoir discrètement commenter des détails ou des ensembles particulièrement intéressants de la maison en les situant dans le contexte, dans la « généalogie » de la maison. Toute demeure a été une maison de famille qui a quelque chose à raconter…

Maintenant, c’est  à vous… N’hésitez pas à prendre contact avec moi.